Gibson Guitars: Beauty Of The Burst

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 The Gibson Story

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Shaka
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MessageSujet: The Gibson Story   17.03.06 1:11

Avertissement :
Cet historique n’a pas pour prétention d’être complet et de retracer tout l’histoire de la marque. Il n’évoque que les étapes que j’ai jugé importantes. Par ailleurs, ne prétendant pas avoir la science exacte, les zones d’ombre rajoutant certaines difficultés, il se peut qu’il comporte des erreurs ou des incohérences. Si vous en constatez, merci de me les indiquer.
Toutes les remarques constructives ainsi que des compléments ou de l’aide sont les bienvenus.

Shaka



Episode 1 : Orville Gibson et la fondation de la société Gibson

Beaucoup d’histoires commencent par un voyage. Celle qui nous intéresse commence ainsi, dans la première partie du XIX° siècle, à bord d’un bateau parti d'Angleterre et qui traverse l’Atlantique. A son bord se trouve le jeune John Gibson qui est parti, parmi tant d’autres, pour trouver gloire et fortune aux Etats Unis d'Amérique. Il débarque ainsi à New York, accueilli par une famille. Il reçoit régulièrement de l’argent d’Angleterre, et, adulte, il s’installe près de New York où il élève ses deux fils et ses deux filles.
Un de ses enfants se nome Orville, né à Chateaugay, dans l’Etat de New York, en 1856.
Peu de temps après la naissance d’Orville, la famille Gibson déménage pour Kalamazoo, non loin de Chicago, dans le Michigan.
Adolescent, Orville multiplie les petits jobs, comme marchand de chaussures et c’est très tôt qu’il démontre un réel talent dans le travail du bois. Déjà musicien, il s’intéresse à la mandoline, instrument très populaire, et commence à réaliser ses premières créations, vers la fin des années 1870.

Orville Gibson :



Inspiré par des luthiers tels que Stradivarius, ses premières mandolines sont fabriquées avec une table et un fond massif galbés. Il utilise pour se faire des meubles anciens et des bois de bonne qualité. Il a aussi l’idée d’utiliser un chevalet afin d’améliorer les vibrations de la table, mais il conserve la rosace ovale sans adopter les ouies en f des violons.
Par ailleurs, il se lance aussi dans la conception d’instruments hybrides, notamment des lyres-mandolines ou des harpes-guitares. Une originalité supplémentaire et commune à ses instruments est le soin apporté à leur réalisation. En effet, Orville conçoit des instruments sophistiqués et sculpte richement ses tables d’une façon peu commune, en y ajoutant des éléments comme des perles d’abalone.

Exemples d'instruments réalisés par Orville Gibson:



Les musiciens de l’époque sont perplexes devant des instruments aussi inhabituels et si sophistiqués dans leur design. Perplexes quand ils ne sont pas moqueurs. Mais rapidement, ils sont séduits par leurs qualités et leur sonorité, si bien que la réputation du luthier Orville Gibson grandit et les ventes augmentent.

Il peut alors s’installer dans un atelier baptisé « OH Gibson, Manufacturer, Musical Instruments », au 114 South Burdick à Kalamazoo en 1894. Il change de locaux 5 ans plus tard et s’installe au deuxième étage du 104 East Main, où il vit également. En 1894, il dépose un brevet pour une guitare à table sculptée, extrêmement grosse pour l’époque, une Jumbo aujourd’hui.

En 1902, Orville Gibson fonde la « Gibson Mandolin-Guitar Manufacturing Company Limited », qui sera les prémices de la société Gibson moderne. Le 11 octobre de cette même année, les hommes d’affaires John Adams (futur président jusqu’en 1944), Samuel Van Horn (futur trésorier), Sylvo Reams, Lewis Williams et Leroy Hornbeck signent un contrat avec Orville afin de fonder une entreprise qui concevra et commercialisera des instruments à cordes, de la mandoline au luth en passant par la guitare. Gibson vend son nom mais n’est pas associé à l’affaire et son rôle sera de simple consultant et de formateur en lutherie.
La « Style O » est ainsi lancée en 1903.

Style O:



En 1904, la société prend le nom de « Gibson Mandolin Guitar Company » et déménage au 116, East Exchange (toujours à Kalamazoo). La popularité de la mandoline ne cesse de croître et l’atelier de production est dépassé. Nouveau déménagement en 1911 au 523, East Harrisson Court puis un terrain est acheté à Parsons Streets et la construction d’une usine moderne commence en 1916 et l’entreprise s’installe définitivement à cet endroit, numéro 225.

En 1915, Gibson renégocie son contrat : son nom sera utilisé pour la fabrication des instruments et il jouira d’une rente à vie… dommage, il décède en 1918 !
On sait peu de choses sur le personnage, si ce n’est que c’était un luthier de génie et un excellent guitariste. Cependant, d’un caractère particulier et excentrique, il restera célibataire jusqu’à sa mort et sera interné à deux reprises dans un centre psychiatrique dans lequel il décède le 21 août 1918. Son rôle dans la société ne cessera de diminuer jusqu’à sa mort.

Après la première guerre mondiale, l’intérêt de la mandoline décroit à la faveur du banjo. Le vent tourne, la firme s’en rend compte et commence à produire ces instruments jusqu’à l’arrivée en 1919 d’un personnage emblématique de la marque : Lloyd Loar.

Celui-ci va donner un nouveau souffle à la marque. Homme à tout faire (ingénieur en acoustique de très haut niveau, consultant pour General Motors, musicien, auteur, compositeur, etc…), travailleur acharné, il supervise la production des nouveaux modèles dont il est à l'origine avec une extrême rigueur. Suite à des tensions avec la direction, il quittera la société en 1924. Son rôle est fondamental au sein de la société.

Il est à l’origine de nombreux nouveaux modèles comme les « Master Model », notamment la fameuse L-5 qui est une guitare à table bombée et ouïes en f. En 1931, elle est rejointe par la L-10.
Parallèlement, les innovations de la firme se multiplient, comme le chevaler ajustable en hauteur ou encore le truss-rod. Ce denier fut inventé en 1922 par Thaddeus McHugh qui jouait avec Orville Gibson dans le quartet local et qui devint en 1921 un employé de Gibson.


Gibson L-5 :



Durant les années 30, les orchestres utilisent de plus en plus la guitare au détriment du banjo et ils ont besoin de se faire entendre. Des énormes guitares comme la Super 400 sont conçues dans cette optique. Ce modèle imposant, placé au sommet du catalogue, est vendu à $400 et produite à quelques exemplaires touts les ans.
Petit à petit, on se rapproche de l’ère électrique et la guitare hawaïenne électrique apparaît en 1935, puis l’électrique acoustique en 1936 avec la ES-150. Mais l’élan est coupé par la seconde guerre et l’usine est réquisitionnée pour participer à l’effort de guerre.

Super 400 :


Gibson ES-150 :
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MessageSujet: Re: The Gibson Story   17.03.06 1:12

Episode 2 : Lester William Polfus, le début de l'ère McCarty, le rachat d'Epihone et la marche vers l'ère électrique


Lester William Polfus est né en 1916, à Waukesha dans le Wisconsin. Musicien professionnel précoce, à l’âge de 17 ans, ses morceaux mêlant jazz et country sont déjà diffusés sur les radios locales.
Manuel à ses heures, il s’intéresse très tôt à l’idée d’amplifier sa guitare. Adolescent, il s’amuse déjà à tenter de créer un micro qu’il monte sur sa guitare et branche le tout dans la radio à lampes familiale.
Au milieu des années 1930, Gibson avait déjà commercialisé sa première guitare électrique, la « Electric Spanish » afin de concurrencer la marque rivale… Epiphone !

Lester William Polfus


En 1938, Lester Polfus, devenu Les Paul, tourne dans un trio de jazz et joue sur une Gibson ES-300. C’est à cette période qu’il conçoit la fameuse « The Log ». Il s’agit en fait d’une planche de bois sur laquelle il ajouta un manche de Gibson ainsi que certains éléments provenants d’une Epiphone et des côtés afin de faire ressembler cet ovni à une guitare. Très peu jouée, cet « instrument » avait pour but de servir de base de test.

Parallèlement, à peu près au même moment, certaines marques comme Rickenbecker, Bigsby et Fender commencent à concevoir les ancêtres des solidbody.
L’idée première d’un tel instrument à table pleine était d’avoir un instrument plus facile à concevoir qu’une guitare acoustique, supportant les cordes et les micros ainsi que de palier aux problèmes de ronflements que produisaient les guitares acoustiques amplifiées dans les amplis. Par ailleurs, un corps plein devait théoriquement mieux reproduire les vibrations et favoriser le sustain.

Dans les années 40, Gibson, en plein âge d’or, était devenu une des plus importants fabricants de guitare, avait une excellente réputation auprès des musiciens et Les Paul décida d’aller taper à la porte de la firme avec « The Log » sous le bras, probablement en 1946.
Maurice Berlin, qui avait pris le contrôle de la société, lui rit au nez en voyant l’instrument et lui montre la porte.

"The log"


Les Paul continue à jouer du jazz et sa célébrité commence à prendre une réelle ampleur et joue sur certains hits de l’époque, comme « It’s Been A Long Long Time » de Bing Crosby With The Les Paul Trio. Crosby s’intéresse déjà au matériel d’enregistrement et encourage Les Paul qui va se créer un véritable home studio dans son garage, en Californie dans lequel il va expérimenter différentes techniques d’enregistrement.

Les Paul et son « New Sound » signe un contrat avec Capitol Records et le premier single comportant plusieurs pistes de guitare, « Lover » se hisse à la 21° place des hits de 1948. en 1951, Les Paul devient tout simplement le guitariste le plus populaire aux USA.

Dès 1945, il fait la connaissance de Colleen Summers, alias Mary Ford, et se marient en 1949. L’année suivante, le duo enregistre ses premiers singles : « Cryin’ » et « Dry My Tears » et les succès s’enchainent, notamment « How High The Moon » qui fait leur fortune et devient le single N°1 en 1951.
Leur notoriété est telle leurs apparitions médiatiques se multiplient : « Les Paul Show » est diffusée durant 6 mois sur les ondes de NBC et même une série TV « The Les Paul & Mary Ford Show ». Ainsi, dans les années 50, leur célébrité est immense.

Les Paul et Mary Ford


Parallèlement à tout ceci, une autre histoire est en train de naître : celle de la guitare électrique, et surtout, de la solidbody.
L’histoire de la guitare électrique est très difficile à déterminer. Si Rickenbecker a sans conteste commercialisé la première guitare équipée d’un micro, si Fender a conçu la première solidbody moderne, déterminer quel est précisément le tout premier modèle et qui est à l’origine de toute cette histoire, c’est bien plus compliqué.

Certains voudraient que ce soit l’infatigable Lloyd Loar qui fut le premier à implanter un micro sur la table d’une guitare. Toujours est-il que chez Gibson, il fut sans conteste le premier, en utilisant des micros électrostatiques. Ce qui fut sans suite chez notre marque favorite jusqu’à l’arrivée de Walter Fuller, en 1933.
A cette date, Rickenbecker a déjà commercialisé sa « poêle à frire », une guitare hawaïenne à caisse en aluminium et équipée d’un micro électrostatique qui connut un grand succès, conçue par George Beauchamp et Paul Barth.

Un an plus tard, la société Dobro lançait ses propres instruments équipés de micro fabriqués par Rowe-de-Armond.
Dès lors, Gibson se lance également dans le domaine de l’amplification et commercialise sa toute première électrique : la EH-150.
Elle est immédiatement suivie par l’ES-150. Son micro est conçu autour d’un pôle magnétique en forme de barrette, induit par deux aimants rectilignes. A partir de 1940, cet instrument devient un réel succès (ES signifie Electric Spanish)

EH-150


ES-150


La L5, lancée en 1923, remplace la Style-O. Elle est ensuite déclinée en plusieurs versions plus économiques et en 1948, elle adopte le pan coupé « vénitien », un micro en 1951 et en 1957, le humbucker et le chevalet Tune-O-Matic.


A la même période, une petite société qui fabriquait à l’origine des lap steels et des amplis se lance dans un marché quasi-inexplorée et lance la première solidbody électrique fabriquée à l’échelle industrielle. Et c’est ainsi que Fender est lance la Fender Esquire ou Brodcaster. Ce nom étant possédé par Rickencker elle est très rapidement rebaptisée Telecaster.

Cet instrument novateur a difficilement conquis les musiciens qui ont été réticents à utiliser ces nouvelles sonorités pouvant être jouées à volume élevé. Au départ, seuls quelques musiciens de country tournants localement « osent » la jouer. Mais petit à petit, la Telecaster commence à se vendre de plus en plus et la révolution solidbody est en marche.

Broadcaster :


Au début des années 40, le président d’Epiphone, Epi Stathopoulo décède, son frère prend sa place, mais il peine à maintenir l’entreprise à flot alors qu’elle était florissante. Au début des années 50, Epiphone passe sous le contrôle de Continental Music. La qualité des instruments, qui était excellent, devient particulièrement mauvaise. Orphie Stathopoulo parvient à racheter Epiphone et la revend immédiatement à Gibson. McCarty récupère l’outillage et le site Epiphone de Philadelphie est rappatrié à Kalamazoo où la marque Epiphone sera produite jusqu’en 1970.


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MessageSujet: Re: The Gibson Story   17.03.06 1:17

Episode 3 : La genèse, la naissance et la mort de la Les Paul et l’ère McCarty


Revenons à Kalamazoo. La firme passe sous le contrôle de la société CMI de Maurice Berlin en 1944. Les service commercial et comptable sont transférés à Chicago, Kalamazoo produisant uniquement des guitares. Berlin sent que la guitare a le vent en poupe et que les ventes vont exploser. Il fait donc construire 5000m² de bâtiments supplémentaires.

Theodore McCarty rejoint Gibson en mars 1948 après avoir travaillé durant 12 ans dans une entreprise qui fabriquait des orgues. Berlin met Ted McCarty à la tête de l’entreprise durant l’été 1950 en remplacement de Guy Hart. Le mot d’ordre est donné : il faut doper les ventes car Gibson peine à sortir de l’ère post-seconde guerre mondiale durant laquelle les usines ont produit des équipements électroniques destinés aux radars et la production des instruments peine toujours à repartir.

McCarty, l’homme à tout faire : président-gestionnaire inégalé, concepteur d’accessoires et de guitares talentueux, va faire rentrer Gibson dans sa période la plus prolifique et va donner une ampleur sans précédent à l’entreprise. Le nombre d’employés est multiplié par 10, les profits par 15 et les ventes explosent de 1250%

McCarty


En 1950, le catalogue Gibson est constitué de : ES-125, ES-140, ES-150, ES-175, ES-300, ES-350 et ES-5. les prix vont de $97.50 jusque $375 (lol). Ces instruments sont toutes des archtops ou hollowbody avec ouïes en f, « acoustiques-amplifiées ».

McCarty va être à l’origine de multiples modèles, notamment les ES-335.


Face à la Telecaster venue de Californie, l’attentisme est de mise. On est curieux, et on observe.
« We were watching what Leo Fender was doing, realising that he was gaining popularity in the west » (McCarty).
Mais quand les ventes de la Telecaster commencent à monter en flèche, on craint de se faire distancer rapidement.
« I watched him and I watched him, and he said we’ve got to get into that business. I thought we were giving him a free run, and he was about the only one making that kind of guitar with that real shrill sound which the country and western boys liked. It was becoming popular. We talked it over and decided to start out and make a solidbody for ourselves. We had a lot to learn about the solidbody guitar. It’s different to the acoustic. Built differently, sounds different, responds differently ».
C’est en novembre 1950 que McCarty commence à travailler sur la solidbody maison assisté d’ingénieurs.
« We designed the guitars, and we started trying to learn something about the solidbody guitar. I was working with the rest of engineers and we would sit down, like a think tank, and we would talk about this guitar : let’s do this, let’s try that ».
C’est ainsi McCarty, John Huis (le numéro 2 chez Gibson), la personne en charge du département bois et un des guitaristes maison à qui reviennent la paternité de la première solidbody de chez Gibson.

En 1952, la solidbody est prête. Et on repensa à Les Paul qui était passé quelques années plus tôt avec sa semi-solidbody et, vu sa popularité, c’est à lui et à Mary Ford qu'on pense pour devenir le porte-étendard de la première solidbody maison. Gibson reprend donc contact avec Les Paul dès 1951. C’est Maurice Berlin qui songe à lui.
« They said to find that guy with the broomstick with the pickups on it. They came round right away, soon as they heard what Fender was doing. And I said well, you guys are a little bit behind the times, but OK, let’s go » (Les Paul).
Et à la direction de CMI, une rencontre a lieu entre Les Paul, Maurice Berlin et quelques autres personnes afin de signer le pré-contrat qui unit Les Paul à Gibson.
Bien que Les Paul revendique le design du modèle portant son nom, il n’en est rien.

Inspiré par les violons, Gibson a l’idée de concevoir l’instrument avec une table bombée. L’idée est aussi de se placer un cran en avant de Fender. En effet, outre l’aspect esthétique, cette table est très délicate à concevoir avec des outils traditionnels et Fender n’est pas du tout équipé pour suivre. C’est un moyen clair de se démarquer de la concurrence.
Les Paul est d’accord avec l’idée.

McCarty mettra près d’un an pour réaliser le design et concevoir le premier prototype.

Design de la future Les Paul par McCarty


Fin 1951, début 1952, le prototype est présenté à Les Paul à Stroudsburg en Pensylvanie où se trouvent Paul et Ford pour un enregistrement. On ne sait pas réellement si celui-ci était proche du modèle de série. Quoiqu’il en soit, Les Paul est enthousiasmé , et le contrat est signé aussitôt.

Celui-ci stipule que pour chaque exemplaire vendu, Les Paul percevra un pourcentage (on parle de 5%). Ce dernier s’engage à n’apparaître qu’avec la guitare qui va porter son nom durant la durée du contrat, dans le cas contraire, le contrat sera annulé. Enfin, les Paul s’engage à devenir consultant pour Gibson.

La Les Paul Model vient de naître.

En attendant de concevoir le premier véritable exemplaire, on demande à Les Paul de modifier son Epiphone et de coller le logo Gibson sur la tête de son instrument.

Durant l’été 1952, la première Les Paul model est commercialisée au tarif de $210 (pleurez-pas, il faut se replacer dans le contexte de l’époque ! l’équivalent actuel serait d’environ $1400). Les premiers exemplaires sont reçus par les magasins au mois de juin.
Le salon du NAMM est aussi l’occasion pour Gibson de présenter sa nouveauté. Les Paul apparait aussi sur scène avec « son » instrument.

Toutes les Les Paul sont proposées en finition Gold Top. L’intérêt de ce choix est double : la Les Paul model se veut le haut de gamme de chez Gibson. Quoi de mieux pour représenter ce côté exclusif et haut de gamme que la couleur du métal le plus précieux ? par ailleurs, un vernis opaque permet de cacher la table qu’il recouvre et masquant ainsi le bois utilisé des yeux de la concurrence.

Gibson Les Paul model Gold Top de 1952:


Cependant, les premiers modèles se sont révélés quasi-injouables à cause du bridge utilisé. Ce qui a été corrigé rapidement.

En 1953, le cordier trapèze (idée de Les Paul…comme quoi toutes ses idées ou presque furent des bides) est rapidement retiré au profit d’un chevalet ajustable. Les ventes augmentent et en 1953, 65% des ventes de chez Gibson sont des solidbody.

En 1954, on décide d’élargir la gamme en introduisant la Les Paul Custom et la Les Paul Junior. La première est proposée en finition entièrement noire (qui lui vaudra le surnom de Black Beauty), des pickups custom, une touche ébène et un acastillage or. Celle-ci est plus chère que la gold top ($325) et a été conçue pour le jazz. Ses frettes extrêmement basses et larges la font apparaître dans le catalogue sous le nom de « fretless wonder ». Par ailleurs, le micro bridge Alnico (ALluminium-NIckel-CObalt) remplace le P90, et est conçu par Seth Lover. Cet expert en ondes radios et en électronique qui rejoindra définitivement Gibson en 1952. L’idée était d’avoir un micro avec un niveau de sortie intermédiaire entre le P90 et le Dynasonic de chez Gretsch.
La Junior, proposée à $99.50, est destinée aux débutants et aux petits budgets (hé oui) avec son unique micro P90 à simple bobinage.

En 1955, apparition de la Les Paul TV, une junior a aspect naturel ainsi que de la Special, version 2 micros de la Junior.

Les Paul Custom Black Beauty:

Les Paul Junior:


On commença à réfléchir à une alternative aux simples bobinages P90. Trop bourdonnants, trop sensibles aux perturbations électro magnétiques. « Bucking that hum ». C’est avec cette idée que Walter Fuller et Seth Lover se mettent au travail en 1954. Et c’est en regardant à l’intérieur d’un ampli que vient la solution « if we can make humbucking chokes, why can’t we make humbucking pickups ? » et Lover conçu ainsi les premiers humbuckers.
Le principe est simple : 2 micros simple bobinages aux polarités opposées sont placés en série et ainsi hors-phase, les parasites se neutralisant conjointement. Un capot les recouvre pour les protéger des perturbations électrostatiques. Chaque bobine possède 5000 tours et un aimant de type Alnico II ou IV. Le brevet est déposé en 1955 et accepté en 1959.

Les premières Les Paul équipées de humbuckers, qui remplacent le P90, sont commercialisées en 1957, sur les Custom, qui passe alors en version 3 micros, et gold top. Ces micros ont été surnommés PAF à cause de la mention « Pattent Applied For ».

Des musiciens tels que Freddie King, Muddy Watters ou John Lee Hooker apparaissent sur scène avec des Les Paul.

En 1958, le design des Junior et Special est revu et passe au double cut.

Les ventes commencent à fléchir sérieusement (1956 : 920 gold top écoulées, 1958 :434): et Gibson réfléchit à la manière de relancer les ventes. La principale cause invoquée est la couleur gold top qui peut rebuter certains acheteurs potentiels. Trop « hors du commun », trop flashy. On applique alors des sunbursts en lieu et place du gold top. Le premier modèle sunburst sort des ateliers le 28 mai 1958. Le cherry sunburst apparaît donc, révélant la table. Alors qu’on la cachait jusqu’à présent, cette fois, elle est mise en valeur.
On choisit les bois avec plus de minutie et en utilisant la technique du « bookmatching » qui consiste à découper le bois dans la largeur, et une fois assemblé, ce qui donne l’aspect d’un livre ouvert.
Les ventes repartent en hausse : 643 Les Paul sont vendues en 1959.
Les Les Paul sunbursts « originales » sont produites de 1958 à 1960 et sont vendues à $280 pièce (snif ! NB perso : j’en voudrai toute ma vie à mon père de ne pas en avoir acheté une dizaine durant cette période).



Sur les zebras : Gibson avait commandé des micros couleur crème et noir. Suite à un problème chez le fournisseur, celui-ci ne pu satisfaire la demande des micros noir. La différence de sonorité étant inexistante, Gibson mixa les micros noir et crème pour cause de micros noirs en quantité insuffisante !

Au début des années 60, Gibson utilise des aimants et du fil différent pour les micros (les puristes affirment que jamais plus on ne retrouva la sonorité des PAF originaux). Les Les Paul de l’année 1958 à 60 auront été produites à environ 2000 exemplaires.

Les Les Paul ne se vendent toujours pas bien et restent boudées. L’usine s’agrandit néanmoins afin de produire plus et de vendre plus. La Les Paul, considérée comme dépassée disparaît du catalogue pour évoluer. La nouvelle venue s’appelle SG/Les Paul pour Solid Guitar. La SG/Les Paul aux formes plus agressives est produite de 1961 à 1963.

Revenons à Les Paul. Le succès du musicien commence à se tarir. Ses revenus aussi. Cela tombe plutôt mal, son couple bat de l’aile. Mary Ford exige des sommes considérables pour le divorce. Son contrat qui le lie avec Gibson se finit en 1962 et il sait que s’il signe avant le divorce, cela signifiera une rentrée d’argent sur laquelle Mary Ford a déjà des vues. Il refuse donc de signer tant que le divorce n’a pas été prononcé.
Cependant, il cherche néanmoins à renégocier son contrat. Demandant des sommes faramineuses, Gibson lui rit au nez, et, furieux, il sort en claquant la porte et en exigeant que son nom soit retiré des SG, la version officielle étant que le design qui lui aurait déplu… alors que l’on trouve des clichés où il pose avec une SG/Les Paul.

SG/Les Paul

Le modèle est donc rebaptisé SG. Face à la mévente de la Les Paul model, les ventes repartent à la hausse.


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MessageSujet: Re: The Gibson Story   17.03.06 1:22

Episode 4 : L’ère moderne

Nous avons évoqué la naissance et la mort prématurée de la Les Paul model.
Cependant, l’infatigable McCarty n’en est pas resté là.

Après avoir commercialisé les superbes Byrdland et ES-350T, en 1955, McCarty pense qu’il peut aller encore plus loin. Si l’objectif initial de la série Thinline était de proposer une guitare acoustique confortable parce que moins volumineuse, sa volonté était de concevoir une guitare sonnant comme une solidbody, mais en moins lourd.
C’est en 1957 qu’il se lance dans sa conception. Il place les micros et le chevalet sur un bloc central qui vient dans le prolongement du manche. Pour remédier aux problèmes de poids, il adopte la semi-caisse ou hollowbody. En ce qui concerne le design, il crée une originalité pour l’époque : une caisse à double découpe facilitant l’accès aux aigus. C’est ainsi que nait l’ES-335 et le succès sera immédiat. Les premiers modèles, équipés de PAF sont hors de prix, aujourd’hui.

Une superbe Es-335 de la fin des années 50 qui plaira aux amateurs de Bigsby


Ainsi, en 1958, toujours sous l’influence de McCarty (il était bien ce gars !!), Gibson ajoute la série « Modernistic » dans son catalogue. Designées par McCarty et son équipe, elles ont pour but de dynamiser l’image de Gibson qui est considéré comme une marque sérieuse, à la limite du vieillot, du moins peu innovante.

C’est ainsi que sont présentées les Flying V et Explorer. Rejointes par la suite par la Firebird. Conçues dès 1955, elles sont fabriquées dans un bois africain proche de l’acajou (le limba) appelé Korina. Au bout de 2 ans, la production des Flying V et Explorer est stoppée pour cause de gros bide. Découpes à la serpe, trop en avance sur leur temps, elles sont totalement boudées. La production de la Firebird durera, quant à elle près de 6 ans (la Firebird Reverse est produite jusqu’en 1963 et est remplacée par la non-reverse en 1965).
Il faut croire que les guitaristes ont le réveil quelque peu tardif…




En plus des Flying V et Explorer lors du dépôt de brevet, figurait aussi « La Moderne ». Une guitare quelque peu mythique car on ne sait pas réellement si elle fut commercialisée en son temps, bien qu’on soit certain qu’elle a bien et bel existé.



Il faudra attendre les années 70/80 pour que les musiciens s’intéressent à la série modernistic, attirés par leurs formes agressives (ainsi que l’influence d’un certain Jimi Hendrix qui a beaucoup utilisé la Flying V) pour que Gibson se décide à lancer des rééditions, non plus en korina, mais en acajou. La Moderne n’a jamais été commercialisée, si ce n’est qu’à quelques exemplaires par le Custom Shop.

La même année nait l’EDS-1275 à double manche. La table bombée était alors en spruce et le dos en érable.

On peut noter également l’apparition de la Melody Maker en 1959. Modèle économique qui connut un grand succès populaire. Elle sera produite jusqu’en 1970. Equipée de micros à simple bobinage à son origine, un modèle à double bobinage fait son apparition en 1960.

Cette période faste, remplie d’innovations et sans précédent prend fin avec le départ de McCarty en 1966. Et la traversée du désert commence pour durer près de 20 ans.
Les gestionnaires et les PDG se succèdent : Al Stanley et Ed Strand de 1966 à 1968, puis Stanley Redell. Au même moment, Gibson passe dans le giron de d’ECL en 1969. Et alors que le staff songe très sérieusement à interrompre totalement la production de l’ensemble des solidbody, sous l’insistance de Les Paul, la production du modèle portant son nom est relancée en 1969.

En 1974 commence la période noire. Rachetée par Norlin (contraction des noms des présidents ECL NORton Stevens et Maurice BerLIN), Gibson va peu à peu perdre son âme. De nombreux modèles voient le jour : L5S, L6S, L9S, Artist RD, Victory et Chet Atkins, notamment. Mais la priorité est donnée aux bénéfices, à la rentabilité. La qualité est clairement mise au placard, on achète des bois moins chers, on produit plus pour le moins cher possible.
En clair, la qualité des instruments est en berne, même si on en trouve malgré tout des très bons. Les avis des spécialistes de la marque sont unanimes: c'est la plus mauvaise période pour la société et pour ses instruments.
Les musiciens ne s’y trompent pas et la marque commence à être boudée.

En 1973, ouverture de l’usine d’Elgin, près de Chicago qui se spécialise dans la fabrication des micros et des cordes. En 1975, l’usine de Nashville ouvre ses portes et se spécialise dans les solidbody, l’usine de Kalamazoo se contentant de réguler la demande selon les besoins.

Le renouveau sera amorcé par Henry Juszkiewicz et son associé Dave Berryman qui s’emparent de Gibson en 1985.

Henry Juszkiewicz


Ils trouvent une entreprise en mauvais état, ayant perdu une bonne part de son prestige et dans un premier temps, la politique affichée est assez simple : conjuguer innovation et la gloire passée pour remettre Gibson sur les rails et lui redonner son prestige d’antan. On lance alors des rééditions des modèles vintage et, par bonheur, certains musiciens, notamment un certain Slash, vont arriver à point pour relancer l’intérêt pour la prestigieuse marque.



En parallèle de ce regain d’intérêt pour la Les Paul, les acoustiques connaissent un succès certain. L’usine de Bozeman, spécialisée dans les modèles Montana (les fats tops) est ouverte en 1989, Nashville fabriquant les arch-top électriques et acoustiques ainsi que les solidbody.
La plupart des Epiphone provenant de Corée.

Vu l’intérêt de Gibson auprès des musiciens depuis plusieurs années, le redressement de la société, Henry Juszkiewicz a largement réussi à redorer le blason de la marque. Si les tarifs des instruments, lors de son arrivée, avaient été placés à des tarifs volontairement accessibles, ce n’est plus tout à fait vraiment le cas depuis quelques temps.

Cependant, la légende est là, et si Gibson a fait rêvé des générations de guitaristes, son nom reste une référence incontournable dans l’univers de la musique pour tout ce que la marque a su apporter à des musiciens comme Jimmy Page et pour ce que des musiciens comme BB King ont su apporter à la marque.


Un dernier mot…
« Only a Gibson is good enough » : ce slogan fut appliqué sur les têtes de guitare durant la 2nde guerre mondiale mais fut abandonné lorsqu’une marque concurrente lança le slogan « When enough is not good enough ». la marque en question était… Epiphone que Gibson racheta quelques années plus tard !

L’usine de Kalamazoo et les différentes étapes de son extension



Merci à tous ceux qui m'ont aidé.
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Shaka
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